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Vergetures et variations de poids : pourquoi elles apparaissent aussi quand on maigrit

Vergetures et variations de poids : pourquoi elles apparaissent aussi quand on maigrit

« J'ai perdu du poids, et des vergetures sont apparues. » Si cette phrase vous parle, vous n'êtes pas seul·e. C'est l'un des paradoxes les plus déroutants : on associe les vergetures à une peau qui s'étire, et pourtant, elles peuvent se révéler au moment où la peau se détend. Avec l'arrivée de nouveaux traitements de l'obésité, cette question concerne de plus en plus de personnes. Faisons le point.

Prise de poids rapide : le mécanisme classique

Lorsque le poids augmente vite, la peau doit s'étendre plus vite que sa capacité d'adaptation. Les fibres de collagène et d'élastine du derme, qui lui donnent sa résistance et son élasticité, finissent par se rompre : une cicatrice se forme en profondeur, la vergeture1. D'abord rouge ou violacée, elle s'éclaircit avec le temps.

Perte de poids rapide : pourquoi c'est contre-intuitif

Quand on maigrit, la peau est moins tendue. On pourrait donc s'attendre à voir les vergetures s'estomper. C'est souvent l'inverse qui se produit, pour trois raisons.

1. Des vergetures révélées. Beaucoup de vergetures « découvertes » pendant un amaigrissement se sont en réalité formées pendant la prise de poids précédente. Tant que le volume sous-jacent les maintenait tendues, elles restaient discrètes. Quand ce volume diminue, la peau se relâche, se plisse, et ces marques deviennent bien plus visibles.

2. Une peau fragilisée en profondeur. Des années d'étirement laissent des traces. Les analyses de peau réalisées après une perte de poids massive montrent un collagène désorganisé, des fibres élastiques dégradées et des zones cicatricielles, y compris dans une peau d'apparence normale2,3. Cette peau a perdu une partie de sa capacité à se rétracter : elle se relâche au lieu de se resserrer.

3. Le paradoxe de la tension. C'est le point le plus surprenant. Les fibroblastes, les cellules du derme qui fabriquent le collagène, ont besoin d'une certaine tension mécanique pour fonctionner normalement : c'est l'étirement de leur environnement qui les stimule à produire du collagène4. Lorsque la peau se détend brutalement, cette stimulation diminue et la production de collagène ralentit. Or, les fibroblastes situés dans les vergetures ont déjà un comportement modifié5. S'y ajoute, lors d'un amaigrissement rapide, un contexte parfois associé à des apports insuffisants en protéines, briques indispensables au collagène. Résultat : la peau se répare moins bien au moment même où elle en aurait le plus besoin.

La science n'a pas encore tout élucidé. Les vergetures qui apparaissent spécifiquement pendant une perte de poids sont moins étudiées que celles de la prise de poids, et ces mécanismes restent en partie des hypothèses. Mais ils expliquent bien ce que beaucoup constatent.

Les nouveaux traitements de l'obésité

Depuis le 15 juin 2026, deux médicaments sont remboursés à 65 % par l'Assurance Maladie pour certains adultes en situation d'obésité : le Wegovy (sémaglutide) et le Mounjaro (tirzépatide). Ils sont réservés aux personnes ayant un indice de masse corporelle supérieur ou égal à 40, ou à 35 en présence d'au moins une maladie liée au poids, après échec d'une prise en charge nutritionnelle ; la première prescription relève de médecins spécialisés6.

Ces traitements permettent des pertes de poids importantes et parfois rapides. On a beaucoup parlé de leurs effets visibles sur la peau, comme le relâchement du visage ou du corps. Les chercheurs s'interrogent : ces changements relèvent-ils uniquement de la perte de poids rapide, ou aussi d'effets du médicament sur le tissu adipeux de la peau, les fibroblastes et le stress oxydatif ? La question n'est pas tranchée7. À ce jour, aucune étude n'a été spécifiquement consacrée aux vergetures chez les personnes traitées.

Comment accompagner sa peau pendant une variation de poids

  • Privilégier une évolution progressive quand c'est possible, en lien avec votre médecin ou votre diététicien : la peau s'adapte mieux aux changements lents.
  • Veiller à des apports en protéines suffisants et à une alimentation variée, qui fournissent à la peau de quoi fabriquer son collagène.
  • Hydrater et masser la peau chaque jour, en particulier le ventre, les hanches, les cuisses, les bras et la poitrine.
  • Surveiller l'apparition de marques rouges ou violacées : c'est le stade où la peau est la plus réceptive aux soins8.

Pendant une prise de poids, la crème prévention KOUAGA accompagne la peau qui s'étire. Si des vergetures récentes apparaissent, la crème atténuation est dédiée à ce stade. Pour comprendre la différence entre les deux stades, lisez notre article Vergetures rouges ou blanches : quelle différence ?

Sources

  1. Al-Himdani S, Ud-Din S, Gilmore S, Bayat A. Striae distensae: a comprehensive review and evidence-based evaluation of prophylaxis and treatment. Br J Dermatol. 2014;170(3):527-547.
  2. Light D, Arvanitis GM, Abramson D, Glasberg SB. Effect of weight loss after bariatric surgery on skin and the extracellular matrix. Plast Reconstr Surg. 2010;125(1):343-351.
  3. Orpheu SC, Coltro PS, Scopel GP, et al. Collagen and elastic content of abdominal skin after surgical weight loss. Obes Surg. 2010;20(4):480-486.
  4. Varani J, Dame MK, Rittie L, et al. Decreased collagen production in chronologically aged skin: roles of age-dependent alteration in fibroblast function and defective mechanical stimulation. Am J Pathol. 2006;168(6):1861-1868.
  5. Viennet C, Bride J, Armbruster V, et al. Contractile forces generated by striae distensae fibroblasts embedded in collagen lattices. Arch Dermatol Res. 2005;297(1):10-17.
  6. Assurance Maladie. Obésité : de nouveaux médicaments peuvent être pris en charge dans des conditions encadrées. ameli.fr, juin 2026.
  7. GLP-1RA and the possible skin aging. Revue, 2025. PubMed Central PMC12370548.
  8. Ud-Din S, McGeorge D, Bayat A. Topical management of striae distensae (stretch marks): prevention and therapy of striae rubrae and albae. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2016;30(2):211-222.